Structurations des Mondes Sociaux


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Mobilités, Réseaux et Migrations

Animateurs :

 Olivier Pliez, Chantal Bordes-Benayoun, Alain Tarrius

« L’étranger », les formes diasporiques et les mobilités inter ou trans-nationales des personnes continuent à interroger les États-nations, travaillés dans leurs frontières et leurs identités. Le constat est cependant assez largement partagé qu’aucune de ces dimensions ne semble suffire à elle seule à restituer de manière convaincante les contours labiles des migrations contemporaines dans un contexte de mondialisation.
 
L’opération se présente comme une plateforme d’échanges empiriques et méthodologiques à l’intersection des recherches sur les mobilités internationales, les migrations et les réseaux. La diversité croissante des situations de migrants, des trajets et des stratégies migratoires (installations, passages, circulations, intégrations...) mais aussi la pluralité des fabriques, pratiques, représentations, et appropriations spatiales à différentes échelles, depuis celle de la rue, des quartiers jusqu’à celle des métropoles occultent souvent des situations (apparemment) désordonnées que l’entrée par les méthodes des recherches sur les réseaux peut éclairer.
 
La polysémie du terme réseaux conduit à en retenir deux acceptions principales. On distinguera d'un côté les réseaux sociaux, de personnes, comme assemblages de relations interpersonnelles, dont certaines sont cadrées, voire générées, par des inscriptions dans des collectifs de toutes sortes (familles, organisations, collectifs fondés sur une origine géographique, une langue, une confession communes…), et d'un autre côté des réseaux spatiaux, qui sont faits de lieux et de "chemins" plus ou moins faciles à emprunter, émergent des pratiques de mobilités des personnes, des politiques publiques qui les suscitent ou les contraignent et des systèmes de transport qui en forment l’ossature.
 
Plusieurs combinaisons peuvent alors être envisagées afin de saisir la dimension réticulaire de mobilités humaines aussi dissemblables dans leurs temporalités et leurs espaces que celles des migrants, des étudiants, des travailleurs, des commerçants transnationaux ou des diasporas. Lorsque les réseaux de lieux paraissent stables, les relations interpersonnelles semblent être d’un poids déterminant dans le fait d'emprunter certains chemins plutôt que d'autres, réussir certains passages.
 
Dans leur diversité, les situations migratoires invitent à considérer les relations réelles ou virtuelles que les acteurs nouent avec des espaces multiples, à l’instar des diasporas et des communautés transnationales qui en fournissent un exemple considéré comme structuré : relation à la terre d’origine qui fait inégalement sens pour les acteurs au fil des générations ; relation à la terre d’installation qui est plus ou moins rêvée comme nouvelle patrie, lieu d’espoir et de réussite ; relation plus ou moins forte avec les autres lieux d’installation du peuple dispersé, espace d’une installation virtuelle. Ces attachements et détachements spatiaux sont aujourd’hui décuplés non seulement du fait des déplacements concrets mais aussi parce qu’ils se nouent dans les circulations électroniques qui offrent de nouvelles possibilités d’organisation plus ou moins durables des solidarités et mises en réseau à différentes échelles, familiales, communautaires, religieuses, corporatives, politiques, transnationales…
 
Cependant les mouvements migratoires évoquent généralement une définition dynamique des assemblages et des réassemblages de lieux au sein de configurations territoriales changeantes. On peut alors s'intéresser à la façon dont les réseaux de personnes tracent des chemins qui, par l’ouverture de destinations, la répétition et la densification des circulations, l'émergence de formes d'organisation (les "passeurs" et autres personnes ressources) fondées sur la confiance et la réputation, deviennent des liens plus forts entre les lieux concernés et leur fait prendre place dans le réseau global des chemins.
 
La démarche partagée par les chercheurs impliqués dans ce projet se caractérise par l’importance accordée à la mobilité des parcours aussi bien qu’à la nécessaire mobilité du regard que les chercheurs sont tenus aujourd’hui de porter sur des objets aux frontières mouvantes. Elle implique de nuancer les métaphores de la liquidité (Beck, 2006) et de rehausser l’importance des ancrages sociaux et spatiaux par un fort engagement sur le terrain, des enquêtes extensives, des innovations méthodologiques imposées par cette mobilité incessante des personnes et une indispensable ouverture interdisciplinaire sur des terrains situés tant au Nord qu’au Sud.
 
Mots-clés : Migration, mobilité, diaspora, transmigration, transnationalisme, identifications, espaces, circulations, frontières
 
 


 

 

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