Structurations des Mondes Sociaux


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Transformation des mondes productifs

Animateurs :

L’activité économique s’organise autour de mondes productifs, c’est-à-dire de regroupements de personnes et d’organisations qui ont en commun des types d’activités, des relations sociales et des réseaux sociaux spécifiques, des dispositifs techniques, et des formes de régulation. Ces mondes associent toujours des logiques de concurrence et des logiques de coopération, le long de réseaux de relations souvent durables. Ils ne sont pas étanches, s’interpénètrent et se recouvrent en tous sens. Ils ne sont pas non plus statiques, ils évoluent, se recomposent en permanence, et présentent des propriétés différenciées de résilience.

L’opération « transformations des mondes productifs » vise à associer des compétences d’économistes, de géographes, de sociologues et d’historiens pour approfondir la connaissance des mécanismes d’interactions et de structuration des réseaux et des collectifs qui gouvernent les dynamiques d’innovation. Les chercheurs mobilisés dans cette opération bénéficient de plusieurs expériences de travail en commun acquises au travers de projets de recherche, de groupes de travail et d’organisation de séminaires. Les recherches qui seront développées dans le cadre de SMS s’appuient sur les acquis des précédents travaux largement diffusés aujourd’hui et menés dans le cadre de divers programmes et échanges internationaux . 
 
Une première opération sera lancée avec l’acquisition et l’analyse d’une base de données des programmes européens sur la téléphonie mobile de 1986 à nos jours. Cette base contient l’ensemble des données de relations et de localisation sur l’ensemble de la période. Elle permettra d’étudier la façon dont évolue la géographie économique dans ce domaine technologique en focalisant sur les capacités de résilience des clusters au regard du cycle de vie des standards technologiques. Cette approche sera ensuite étendue à d’autres domaines technologiques, en particulier l’aéronautique et l’agroalimentaire.

 
La deuxième opération portera sur l’analyse des collaborations science-industrie en lien avec la politique des pôles de compétitivité. Nous disposons d’une base de données de l’ensemble des projets de recherche (FUI et ANR) financés ou soutenus par les 71 pôles de compétitivité français entre 2005 et 2010. L’objectif est d’analyser la structuration des réseaux de collaboration et leur évolution afin de déterminer en quoi les frontières géographiques et/ou sectorielles des pôles constituent des niveaux pertinents pour asseoir le développement de systèmes localisés innovants. L’analyse sera complétée par des études plus qualitatives par entretiens auprès d’un échantillon de pôles, notamment ceux présents en région Midi-Pyrénées.
   
 Une troisième opération prendra pour objet l’influence des réseaux sociaux et de l’environnement spatial sur les processus d’innovation des firmes, et notamment des firmes agro-alimentaires. Elle visera à approfondir l’analyse du rôle des externalités spatiales appréhendées à partir de la dichotomie classique entre externalités de spécialisation de type MAR et externalités de diversification de type Jacobs. Le travail mobilisera l’enquête communautaire sur l’innovation disponible tous les 2 ans en France et différentes enquêtes et bases de données permettant de qualifier la structure réticulaire et spatiale de la firme d’une part et la structuration industrielle des espaces d’autre part.
 
Deux autres opérations enfin s’intéresseront au développement de base de données et d’analyses de réseaux dans le secteur de l’aéronautique. La première se focalisera sur l’articulation des logiques de spécialisation et de transversalité des compétences dans la formation des réseaux de production et d’innovation dans le monde aéronautique. L’analyse de l’évolution des réseaux permettra de montrer sur le temps long comment l’ancrage territorial des dynamiques industrielles sectorielles peut coexister avec des formes de redéployabilité des compétences vers d’autres domaines technologiques, d’autres marchés et domaines d’application (les systèmes embarqués retiendront notre attention dans ce programme). L’analyse de ces tensions entre spécialisation et transversalité s’appuiera sur la prise en compte des environnements urbains en termes de services (KIBS : Knowledge intensive Business Services) et de compétences techno scientifiques.

La seconde portera sur une dimension plus micro-économique, en faisant empiriquement émerger de la construction des réseaux sociaux le volet « ressources humaines ». Le bénéfice que retirent les organisations de leur encastrement dans des réseaux productifs, en termes d’accessibilité aux connaissances externes notamment, passe par le rôle que jouent des acteurs particuliers. Les analyses empiriques, s’appuyant sur la construction d’un échantillon de PME/PMI du secteur de l’aéronautique, viseront à identifier au sein des réseaux personnels et productifs les technology gatekeepers et knowledge brokers qui à la fois structurent la diffusion des connaissances et permettent aux organisations d’accroitre leurs capacités d’absorption. 

Enfin, les savoirs développés sur les dynamiques structurelles et géographiques des réseaux permettront de questionner et d’éclairer les politiques d’innovation, aujourd’hui fondées sur le « tout réseau ».
 


 

 
 

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