Structurations des Mondes Sociaux


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Structuration des mondes scientifiques

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Le monde scientifique présente la particularité de produire des traces abondantes de ses activités dans le système de publication et plus récemment dans les sites internet des laboratoires et des chercheurs. D’un certain point de vue, le monde scientifique est une sphère d’activité sur la quelle peuvent être testées une grande partie des approches développées par les chercheurs de SMS. Il s’agit aussi d’un monde social spécifique, étudié en tant que tel par une partie des équipes impliquées dans le projet (par exemple, Grossetti et Losego, 2003 et Bonnet, Krings et Valenti, 2011. Nous l’aborderons sous les angles complémentaires des réseaux et des territoires, à partir de données déjà en grande partie constituées.
 
Les réseaux scientifiques oscillent entre coopération et compétitivité ; ils fonctionnent comme un laboratoire scientifique virtuel, où l’on teste ses idées et ses hypothèses, mais ils constituent aussi un espace de structuration, de régulation, de hiérarchisation, voire d’exclusion, dans la mesure où s’y déploie la capacité de valider, entre pairs, les pratiques et des produits scientifiques. La reconstruction et l'analyse des réseaux intellectuels a donc vocation à repérer des « territoires» personnels et collectifs. Selon les contextes et les périodes, les réseaux scientifiques peuvent être reconstitués sur la base des correspondances entre chercheurs, des citations, ou les co-écritures d’articles recensés par les bases de données bibliographiques (Web of Science, Scopus, etc.), la participation à des projets communs.

Le projet vise à confronter les analyses de réseaux scientifiques portant sur des domaines de recherche différents, incluant les sciences sociales, et des périodes différentes. Il s’appuiera pour une partie historique sur des données historiques concernant les antiquaires du Midi (de Bordeaux à Lyon, de Perpignan à Nice), c’est-à-dire les érudits ou collectionneurs s’intéressant aux antiquités entre le xvie et le xixe siècle et les historiens de Antiquité entre la fin du XVIIIe et le début du XIXe, à partir de plusieurs fonds d’archives de savants (Franz Cumont, Ulrich von Wilamowitz Moelledorff, les antiquisants nazis et fascistes, les réseaux d’antiquisants maghrébins ou travaillant sur le Maghreb).

Pour des analyses plus contemporaines, le projet mobilisera les sources bibliométriques, dont les chercheurs du projet ont une bonne expérience, associées à des études de terrain sur les pratiques de citations. L’objectif commun est de comprendre comment interagissent de façon dynamique les structures de réseaux et les contenus scientifiques.

A partir des mêmes sources de données, les chercheurs de SMS sont engagés avec d’autres équipes dans l’élaboration d’une géographie des activités scientifiques. Il s’agit d’étudier les logiques spatiales actuelles de l’activité scientifique au niveau local (villes, régions), national et international, en les articulant à une analyse historique de la construction des institutions scientifiques et de leur déploiement dans l’espace durant les deux derniers siècles. Les processus actuels de mondialisation des activités et des échanges scientifiques s’appuient en effet sur des espaces nationaux façonnés par une longue suite de politiques publiques et de logiques sociales, espaces qui sont eux-mêmes en transformation (croissance et déconcentration spatiale des institutions d’enseignement supérieur et de recherche, politiques de restructuration, intégration dans des espaces politiques transnationaux de coopération tels que l’Union Européenne). 
Quelles sont les évolutions des « cartes » scientifiques, comment s’opèrent les équilibres entre les différents espaces et quelles tensions ces équilibres révèlent-ils ? Pour cet aspect du projet, les chercheurs s’appuieront sur un travail déjà effectué dans le cadre d’un projet en cours financé par l’ANR de géocodage des publications scientifiques et de reconstitution d’« agglomérations scientifiques ». Le croisement des analyses de réseaux et d’analyses spatiales permettra une compréhension renouvelée des activités scientifiques dans des contextes de mondialisation différents (de la « République des Lettres » à Internet).

 
 

   

Participants :

 
Adell-Gombert Nicolas, Albert Jean-Pierre, Andurand Anthony, Barrera Caroline, Bonnet Corinne, Eckert Denis, Ferté Patrick, Grossetti Michel, Jégou Laurent, Lamy Jérôme, Levy Rachel, Maisonobe Marion, Manifet Christelle, Milard Béatrice, Pane Marie-Noëlle, Payen Pascal, Perrin-Khelissa Anne, Plumecocq Gaël, Roffidal Émilie, Sibertin-Blanc Mariette, Simoulin Vincent, Terral Philippe, Valtchinova Galia 
 
Collaborations : Academia Belgica, Rome (archives Franz Cumont)
École française de Rome ; Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Stanford University (projet « Mapping the Republic of Letters)
 
 

Projets en cours


Le programme ACA-RES, Les Académies d’art et leurs réseaux dans la France préindustrielle, a pour objectif de restituer les liens personnels et institutionnels qui construisent et animent ces établissements, en considérant à la fois leur « entre-soi » artistique, mais également leurs connexions avec d’autres cercles de sociabilité, notamment littéraires et/ou scientifiques (académies des sciences et belles-lettres, sociétés badines ou savantes, écoles militaires ou des ponts-et-chaussés, etc.). Il s’agit ainsi de mieux comprendre la place et l’action réticulaire des académies et des écoles d’art dans un large XVIIIe siècle.


 

L'actualité du mois


 

 

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