Séminaire MoReMi : Les réseaux des pauvres

Publié le 27 mai 2013 Mis à jour le 20 mai 2015
le 24 juin 2013
 9h30-12h30
 MDR, salle D30
L’émergence d’un « marché des pauvres » (Base Of the Pyramid ou BOP), cible floue, vaste mais globale, est devenue une antienne du marketing qui transgresse à l’échelle mondiale toute lecture rigide des Suds face aux Nords. Ce sont ainsi près de deux milliards d’individus qui accèdent à de nouveaux standards de consommation, en dégageant des revenus permettant des achats autres que ceux liés aux besoins vitaux. Pour autant, en s’étendant, un tel marché remet sans cesse en cause le mythe du « consommateur global » tant il épouse les nuances et les aspérités sociales et spatiales du monde.
 
Cette séance du séminaire MoréMi interrogera la dimension économique des réseaux sociaux, à partir d’études évoquant des mobilités transnationales de personnes ou de marchandises. Le « rhizome de la mondialisation criminelle » qu’identifie A. Tarrius autant que les commerces alimentaires d’origine étrangère à Paris (L. Missaoui), les modes d’organisation en réseaux des entrepreneurs burkinabè (J.P. Berrou) ou les liens qui s’établissent autour de la diffusion du rickshaw à partir du Bengladesh (P. Tastevin) ne relèvent pas des mêmes registres. Pour autant chacun de ces cas évoque la vivacité autant que la labilité des liens transnationaux qui s’établissent « par le bas » entre des acteurs et des lieux.
 
Comment des réseaux de personnes (importateurs, intermédiaires, acteurs des sphères institutionnelles ou de l’économie criminelle) tracent des chemins qui, par l’ouverture de destinations, par la répétition et la densification des circulations, par l’émergence de formes d’organisation fondées sur la confiance et la réputation, et par la mise en place de régulations inattendues combinant action publique et privée, renforcent les liens entre les lieux concernés et les installent au sein de routes commerciales globales ? Comment avancer vers une définition dynamique des assemblages et des réassemblages de lieux, au sein de configurations territoriales changeantes ? Dans quels contextes locaux, nationaux, transnationaux s’inscrivent‐elles ?