Séminaire MoRéMi

Publié le 5 janvier 2022 Mis à jour le 5 janvier 2022
le 28 janvier 2022
Lieu : Université Toulouse Jean-Jaurès (Le Mirail), Bâtiment Olympe de Gouges, Amphi 3 (près du secrétariat de géographie).

Séance 1 : Femmes en migration. Invitées :

- Nasima Moujoud, Maitresse de conférences en anthropologie, Université Grenoble Alpes
La migration est-elle une chance pour les femmes ? Perspectives comparatives France-Dubaï

- Fatma Kocadost, Docteure en sociologie (CMH-EHESS), Membre associée Centre Etudes Genre (Lausanne)
Faire famille en migration : genre et classe dans les diasporas de Turquie en France
Lieu : Université Toulouse Jean-Jaurès (Le Mirail), Bâtiment Olympe de Gouges, Amphi 3 (près du secrétariat de géographie).
Affiche MOREMI 28_1_2022
Affiche MOREMI 28_1_2022

Séance 1 : Femmes en migration. Invitées : - Nasima Moujoud, Maitresse de conférences en anthropologie, Université Grenoble Alpes La migration est-elle une chance pour les femmes ? Perspectives comparatives France-Dubaï - Fatma Kocadost, Docteure en sociologie (CMH-EHESS), Membre associée Centre Etudes Genre (Lausanne) Faire famille en migration : genre et classe dans les diasporas de Turquie en France

Nasima Moujoud, Maitresse de conférences en anthropologie, Université Grenoble Alpes

La migration est-elle une chance pour les femmes ? Perspectives comparatives France-Dubaï

La question des causes de la migration se combine dans les travaux sur genre et migration avec celle de ses effets, amenant souvent l’idée d’émancipation par la migration, surtout dans les pays du Nord. Cette intervention propose de reformuler ces questions en insistant sur les résistances des migrantes dans des espaces souvent représentés seulement comme différents, ici français et émiratis. Il s’agit pour les femmes rencontrées, en Île-de-France dans les années 2000 puis plus récemment à Dubaï (en terrain avec Chadia Arab), d’un double mouvement : d’un côté, la volonté de circuler et de mieux vivre et faire vivre leurs proches ; de l’autre, la difficile autonomisation par rapport à des régimes de contraintes qui se recomposent en intégrant les (droits des) femmes, tout en situant certaines migrantes entre victimisation et criminalisation. La perspective comparative (France-Dubaï) met en évidence le rôle décisif des politiques migratoires et publiques dans la définition des choix des migrantes dans les divers espaces qu’elles traversent.


Fatma Kocadost, Docteure en sociologie (CMH-EHESS), Membre associée Centre Etudes Genre (Lausanne)
Faire famille en migration : genre et classe dans les diasporas de Turquie en France

« Aucun groupe d’immigrés ne comporte les signes d’un repli identitaire aussi net et répété que celui de Turquie » (Tribalat 1995 : 222). Depuis ce premier verdict tranchant de Michèle Tribalat, « l’exception turque » hante les études sur les populations immigrées et leurs descendant.e.s en France. Dans cette phrase, on trouve les mots clés des enquêtes réalisées sur les personnes originaires de Turquie : repli et Identité. Les pratiques matrimoniales et professionnelles des femmes servent de critère principal pour mesurer le degré d’intégration.
Refusant de recourir aux explications culturalistes que l’on trouve dans la littérature des sciences sociales sur cette population, je me propose, dans une perspective transnationale, d’explorer de manière conjointe le modèle d’économie familiale et les subjectivités de ces hommes et de ces femmes, révélant ainsi les dynamiques d’autonomie et d’interdépendance qui structurent la construction de la classe et du genre dans les milieux populaires aujourd’hui.