Systèmes Complexes en sciences sociales

   

Présentation

Séminaire bimensuel couplé avec le séminaire bimensuel du même nom organisé par le Centre d’Analyse et de Mathématique Sociales à Paris.

Dans le monde social, les entités même les plus « élémentaires » génèrent de la complexité et du « désordre » par l’importante diversité de leurs interactions : conflit, coévolution, coexistence, hybridation... Cela ne signifie pas que le monde social est totalement désordonné. En effet, les humains font beaucoup d’efforts pour produire de l’ordre, en adoptant ou s’imposant mutuellement des normes, en décidant de lois formelles, de sanctions, en orientant une grande partie de leur action vers le maintien des équilibres existants.

Au fil de leur développement les disciplines de SHS ont ainsi été amenées à définir leurs propres concepts et méthodes pour traiter les notions telles que celles de réseau, d’émergence, d’irréversibilité, de bifurcation, de transition ou de coévolution, les intégrant dans le corpus de leurs méthodes habituelles, souvent non formelles, non quantifiées mais qui décortiquent finement les processus et les contextes (analyses de sources, observations, entretiens, questionnaires, etc.) et s’appuient sur les statistiques pour appréhender le niveau des grandes masses. Ces approches exploitent les Big Data de façon très prudente. Elles sont alors confrontées à des approches quantifiées de la complexité qui se limitent trop souvent à l’usage des méthodes standardisées issues de disciplines de la modélisation sans en apprécier les limites et sans chercher comment le dialogue interdisciplinaire pourrait enrichir ces approches par les modèles.

Si nous ne voulons pas que les modélisations de la complexité des phénomènes sociaux restent des exercices formels déconnectés de la connaissance existante, et que les sciences sociales ne puissent pas tirer parti de la masse toujours croissante des données accessibles, il est important de rééquilibrer le développement des approches formelles de la complexité sur l’ensemble des trois dimensions : des outils formels d’analyse et de modélisation avec leur puissance de généricité, des données en masse aux différentes échelles d’observation, de la connaissance acquise sur les phénomènes étudiés par les méthodes usuelles des sciences sociales. Pour donner du sens au données, ce que ne parviennent pas à faire aujourd’hui les techniques de fouille de données, pour disposer d’outils formels qui soient adaptés aux niveaux de description et dont on mesure bien les limites, il est nécessaire de retravailler les concepts de la complexité et les liens entre réalité sociale et modèles.

Les séances de ce séminaire aborderont ces questions en s’attachant à montrer la diversité de la problématique et l’apport d’un dialogue entre les disciplines pour les sciences de la complexité. Les recherches ancrées aussi bien principalement en SHS que dans les autres sciences sont donc bienvenues en permettant la confrontation des points de vues. 
   

Calendrier

La deuxième séance du séminaire "Systèmes Complexes en Sciences Sociales"  organisé dans le cadre du labex SMS  aura lieu le Mercredi 16 octobre 2019 de 14H à 17H en salle F422 à l'université Toulouse Jean Jaurès (Maison de la Recherche).
 
Nous avons pensé le thème de la séance autour de la question de la formalisation dans les systèmes complexes et le cas particulier de l'énergie.
 
 

Archives

1ere séance : mardi 11 Juin 2019 de 14H à 17H en salle F422 à l'université Toulouse Jean Jaurès (Maison de la Recherche).

Programme :