Parcours de vie et réseaux personnels

Animateurs

Michel Grossetti, Guillaume Favre
   

Présentation

Dans toutes les sciences sociales, les approches biographiques ont permis de mettre en évidence les variations selon les contextes socio-historiques aussi bien des « cycles de vie » que des changements contingents (turning points) et leur gestion par les personnes, leurs entourages et les institutions. L’analyse des réseaux personnels a contribué à renouveler ces approches en inscrivant plus systématiquement les parcours dans des contextes relationnels et collectifs, et des temporalités multiples.

L’articulation entre singulier et collectif, entre « micro » et « macro », constitue par exemple pour les historiens un enjeu épistémologique qui, au fil du temps, a contribué à repenser le genre biographique ou l’approche prosopographique. À la lumière de ces débats, l’entrée par le singulier propose une échelle intéressante pour saisir l’historicité des individus mais aussi la fabrique des logiques sociales qui les traversent. Par exemple, des chercheurs travaillent sur les trajectoires d’individus dans différentes formations impériales, de l’époque médiévale à l’époque contemporaine. Ces « logiques d’Empire » ont été mises en branle par des acteurs singuliers, mais elles ont également affecté, parfois au plus profond, leur existence. L’objectif dans ce cas est de saisir, de façon concrète et circonscrite, ce que les Empires font aux acteurs sociaux et comment ils se retrouvent pris dans des logiques (administratives, politiques, religieuses, culturelles, etc.) et dans des réseaux qui les fabriquent et qui les dépassent.